Avant la guerre, Lisieux portait un surnom : la capitale du bois sculpté. Ses rues médiévales étaient bordées de maisons à pans de bois, serrées, en encorbellement, aux poutres taillées de figures. Les bombardements des 6 et 7 juin 1944 et l’incendie qui a suivi ont détruit les deux tiers de la ville. Il reste aujourd’hui une poignée de ces maisons, toutes à moins de dix minutes à pied de la cathédrale.
À quoi ressemblait Lisieux avant la guerre ?
À une ville de bois. Le pays d’Auge manque de pierre à bâtir, pas de chênes : du Moyen Âge au XVIIe siècle, on y a construit en colombages, sur un soubassement de pierre, avec un remplissage de torchis ou de tuileaux. À Lisieux, ville d’évêques et de marchands drapiers, les façades les plus riches étaient sculptées du sol au toit.
La plus célèbre des rues s’appelait la rue aux Fèvres. Au numéro 17 se dressait le manoir de la Salamandre, l’une des façades sculptées les plus connues de la ville. Les vues peintes et dessinées avant la guerre sont aujourd’hui le meilleur témoignage de ce quartier.
Les deux tiers de la ville ont disparu en deux jours, et avec eux presque toutes les rues à pans de bois.


Qu’est-ce que juin 1944 a détruit ?
Le 6 juin 1944, jour du Débarquement, Lisieux est un nœud de routes et de voies ferrées sur le chemin des renforts allemands. Les bombardements alliés frappent la ville le 6 et le 7 juin. Le bois sec des vieux quartiers fait le reste : l’incendie court de maison en maison. Plus de 800 habitants sont tués. Le manoir de la Salamandre et la rue aux Fèvres brûlent pendant cet été-là.
La ville est libérée le 23 août 1944. La reconstruction, confiée à l’architecte Robert Camelot, suit un plan approuvé le 23 janvier 1947 : des rues plus larges, des immeubles de brique et de béton, un centre redessiné. Elle dure plus de dix ans. C’est cette ville-là que l’on traverse aujourd’hui entre la gare et la cathédrale.
Où voir les maisons à pans de bois de Lisieux aujourd’hui ?
- 14 et 16 rue Henry-Chéron, à quelques rues de la cathédrale : deux maisons voisines, dont le numéro 16 garde ses pans de bois sculptés et son encorbellement. Ce sont les témoins les plus proches de ce qu’était la ville.
- 26 et 28 rue du Docteur-Degrenne, sur le chemin du musée : deux autres maisons à colombages.
- Le manoir Desmares, du XVe siècle, dans un quartier que les bombes ont épargné ; il est inscrit aux monuments historiques depuis 2003.
- 38 boulevard Pasteur, à 700 m de la cathédrale (9 minutes) : la maison à pans de bois qui abrite le musée.
Où voir des images du vieux Lisieux ?
Au musée d’art et d’histoire. Une partie du parcours est consacrée à l’habitat lexovien : peintures et dessins des rues disparues, éléments de décor sauvés des décombres, puis une séquence sur la Reconstruction. Comptez 45 minutes à une heure, l’après-midi.
Pour replacer l’épisode dans le temps long, l’histoire de Lisieux remonte à la cité gallo-romaine. Et pour mesurer ce qui a été épargné, entrez dans la cathédrale Saint-Pierre : huit siècles de pierre intacts, à quelques pas des maisons de la rue Henry-Chéron.
Combien de temps pour ce parcours ?
Une heure et demie suffit. Partez de la cathédrale, gagnez la rue Henry-Chéron, continuez vers l’ouest par la rue du Docteur-Degrenne et terminez au musée du boulevard Pasteur, qui ouvre à 14 h en 2026. Le trajet complet fait moins d’un kilomètre, à plat. Ajoutez le tour des villages du pays d’Auge si vous voulez voir des rues entières à pans de bois : celles que Lisieux a perdues y sont restées debout.
Les monuments d’avant et d’après 1944 sont réunis à la page sites et monuments de Lisieux.




